Fibromyalgie : notre cerveau augmente la souffrance perçue

La douleur est avant tout un mécanisme d’alerte de notre organisme qui nous aide à prendre connaissance des dysfonctionnements, blessures ou autres atteintes à notre intégrité physique. Elle nous incite surtout à prendre des mesures correctrices en nous y obligeant par des sensations impérieuses : la souffrance, le fait “d’avoir mal” nous pousse à y mettre un terme.

Dans le cas de la fibromyalgie, une pathologie dont les causes sont encore mal connues, ce système de la douleur sort de ses paramètres normaux de fonctionnement. Ainsi on constate chez les personnes atteintes des douleurs diffuses au niveau de points précis des muscles. Le problème c’est que ces douleurs s’installent de façon chronique et peuvent perdurer jusqu’à plusieurs années.
De surcroît, ces souffrances perdurent et peuvent s’accompagner de fatigue profonde, de difficultés à dormir ou encore de problèmes d’humeur telles que les angoisses ou même les dépressions.

En dépit du fait que l’Organisation Mondiale de la Santé reconnaisse la fibromyalgie comme maladie et l’a inscrite dans la classification internationale depuis 1992, la France n’a toujours pas acté cet état de fait dans sa pratique médicale et juridique. Dans l’hexagone on parle toujours d’un “syndrome” ce qui entraîne des conséquences fâcheuses pour les personnes atteintes de fibromyalgie.
En effet, il n’existe toujours pas de moyen scientifique indiscutable et reproductible de diagnostiquer la fibromyalgie ce qui explique cette réticence française. De nombreuses pathologies présentent les mêmes symptômes “diffus” de la fibromyalgie, ce qui n’est pas sans entraîner des difficultés majeures, notamment dans le monde professionnel et la médecine du travail en particulier.

Les scientifiques commencent à mettre en évidence une certaine “pathologie du cerveau” dans le sens que la modulation de l’intensité de la douleur est affectée chez ces patients. En clair : ils (et surtout elles, car les femmes sont majoritaires) ressentent beaucoup plus de souffrance qu’ils ne le “devraient”. Une vaste enquête est en cours à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) et ses conclusions sont évidemment attendues avec impatience.

La subjectivité de la douleur

“Avoir mal”, c’est clair pour tout un chacun. Mais pour la médecine et les scientifiques, c’est quelque chose de difficile à qualifier de façon claire et irréfutable. En effet, elle est imperceptible par les autres, et peut être ressentie différemment d’une personne à l’autre : on peut supporter un type de douleur bien mieux qu’une autre personne.
Qui plus est, l’imagerie médicale moderne (IRM fonctionnelle ou Pet-scan notamment) ne permet pas encore de clairement déceler la douleur ressentie par un patient et elle est souvent… invisible.
Il n’en reste pas moins que des flux “descendants” ou “ascendants” vers et par le cerveau vers les organes ont été mis en évidence et que notre cortex est bien le siège de la douleur, là où elle est véritablement “ressentie” en fait.

Une douleur “personnalisée”

Chaque cerveau peut ainsi augmenter ou diminuer l’intensité de la douleur ressentie, à l’avance. La fibromyalgie tend ainsi à amplifier des ressentis de douleurs – y compris en l’absence de stimulus réel de douleur !
Mais le salut pourra venir du cerveau lui-même : des techniques de méditation, de massage, de relaxation, de gestion émotionnelle pourront être appliquées et personnalisées à chaque personne souffrant de fibromyalgie.

2 réponses sur “Fibromyalgie : notre cerveau augmente la souffrance perçue”

  1. Il a fallut 3 ans et une batterie d’examens à mon médecin traitant pour diagnostiquer la fibromyalgie, car il ne voulait pas en entendre parler, j’ai cru devenir folle, d’autant que c’est au repos que je souffre le plus.
    Pendant ce temps là les douleurs sont de plus en plus diffuses et intenses.
    Ma question et mon inquiétude est de savoir si ces douleurs vont encore augmenter au fil du temps.

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